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AU FOYER



ÉPANCHEMENT


Frappe donc, ô douleur ! frappe donc sans merci !
Je suis comme un métal soumis au martelage.
J’ai traîné mes regrets loin de mon cher village,
Et j’ai vu chez les grands plus d’un cœur endurci.

Peut-être qu’on va rire en entendant ceci,
Et croire que je fais de mes maux étalage.
En se communiquant la peine se soulage ;
Dites-moi, cœurs broyés, s’il n’en est pas ainsi ?

L’illusion s’envole et nul mal ne m’étonne.
De cheveux blancs déjà ma tête se festonne ;
Les nœuds les plus étroits doivent se délier.

Je ne jetterai plus ni plaintes ni sarcasmes.
Je veux sourire encor’. La terre a des miasmes,
Mais elle a des parfums qui les font oublier.