Page:LeMoine - Ornithologie du Canada, 1ère partie, 1861.djvu/38

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le voyage, il resta tranquille, mangea dans la main de son maître et n’essaya pas de s’échapper. Cassin remarque sur l’autorité de M. W. Kite, de la Pennsylvanie, une particularité de ces Hiboux, qui n’a, dit-il, jamais été mentionnée par aucun naturaliste ; c’est qu’au temps de la ponte, leurs ébats sont pour le moins aussi bruyants que ceux des chats, avec lesquels ils ont d’autres traits de ressemblance.



L’EFFRAYE.[1]
(Barn Owl.)


L’Effraye, commun aux deux mondes, se rencontre à de rares intervalles dans la partie méridionale de la Province ; mais sa véritable patrie est le Texas et la Caroline du Nord ; c’est là qu’a lieu la ponte.

« Il tire son nom, dit Buffon, des cris lugubres qu’il fait entendre pendant la nuit. L’horreur qu’il inspire aux femmes, aux enfants et même aux hommes qui croient aux revenants, ont fait considérer l’Effraye comme l’oiseau funèbre, comme le messager de la mort ; ils s’imaginent que, quand il se fixe sur une maison et qu’il y fait retentir une voix différente de ses accents ordinaires, c’est pour appeler quelqu’un au cimetière. C’est le même oiseau que les campagnards du midi de la France désignent sous le nom de Chouette de clochers et de Bueou l’holi, parce qu’ils croient que cette chouette vient pendant la nuit boire l’huile qui brûle dans les lampes des églises. »

Cette mauvaise réputation, dit Le Maout, faite à l’Effraye par la superstition populaire, devrait être remplacée par un sentiment de gratitude et de bienveillance, car cet oiseau est de tous les rapaces nocturnes, le plus utile à l’homme, par suite de la

  1. No. 47. — Strix pratincola. — Baird.
    Strix Americana. — Audubon.