Page:LeMoine - Ornithologie du Canada, 1ère partie, 1861.djvu/39

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chasse destructive qu’il fait aux mulots, rats et autres rongeurs nuisibles à l’agriculture. L’Effraye niche dans les vieilles tours ou dans les creux des rochers.

Dimensions du mâle, 17 × 42 ; de la femelle, 18 × 46.



LE HIBOU BLANC ou HARFANG.[1]
(Snowy Owl.)


Ce blanc chasseur polaire n’a pas d’aigrettes ou cornes ; avec le grand Aigle des mers du nord, le compagnon de ses rapines, il choisit les solitudes glacées du cercle arctique pour ses quartiers généraux et se montre en Canada pendant les grands froids. Plus d’une fois nous nous rappelons l’avoir vu en février et mars, planer majestueusement au-dessus des immenses battures couvertes de glace, qui bordent le St. Laurent, à St. Thomas, comté de Montmagny.

Quand il descend du pôle vers le sud, il s’arrête quelquefois sur les vergues des navires et on peut alors le prendre sans peine, à cause de son extrême fatigue. Il chasse en plein jour et niche sur les rochers escarpés ou sur les vieux pins des régions glaciales.[2]

  1. No. 61. — Nyctea nivea. — Baird.
    Surnia nyctea. — Audubon.
  2. Voici un trait récent de férocité inouïe de la part d’un Hibou blanc, attesté par un témoin oculaire le Révd. Père Babel, missionnaire oblat, chargé, en 1861, de la desserte du poste Les Escoumains, sur la rive nord du golfe du St. Laurent :
    « Un couple de ces oiseaux, dit-il, rôdaient depuis plusieurs semaines dans le voisinage de notre camp, les seuls étrangers que nous eussions vus dans notre solitude glacée, depuis que l’hiver eut commencé ; leur audace augmenta à mesure que les aliments devenaient plus rares ; à défaut de lièvre et de perdrix, nos chasseurs ailés se mirent à guetter et même à attaquer les