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AUTOUR DE LA MAISON

limonade. « Vivent les baptêmes de poupées, » crient les garçons ! Tous se mettent à manger avec des cris de joie.

Marie-Dodo, qui fut baptisée vers la mi-août 1902, vit encore. Elle a toujours des joues roses et une figure jeune, mais elle a vieilli. Ses jambes ne la soutiennent plus, sa tête tombe de faiblesse, ses bras menacent de la laisser… Elle ne se plaint pas. Elle garde dans l’abandon son sourire tendre. Grâce du baptême, sans doute… Peut-être aussi est-ce que Marie-Dodo a des souvenirs plein sa tête de porcelaine, et rêve de les communiquer un jour au public. Son existence fut calme et heureuse. Elle eut sûrement des tristesses, mais elle fut toujours aimée. On trouve son bonheur dans la joie des autres ; Marie-Dodo sut ainsi consacrer sa vie à sa maman. Elle a toujours écouté, l’oreille complaisante, ses confidences tristes, et souvent ses cheveux ont essuyé les larmes de sa petite mère, qui venait pleurer ses chagrins d’enfant sur les joues de porcelaine. Marie-Dodo fut une poupée consolatrice et tendre.

Maintenant, elle attend dans un prosaïque tiroir, — où elle reçoit encore de temps en temps un furtif baiser, — que sa maman qui porte robe longue, veuille bien la donner à une autre petite fille. Mais sa maman est