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AUTOUR DE LA MAISON

on allait manger des « beurrées » de crème avec du sucre du pays dessus !

Puis, on attelait Zoulou à sa charrette à poches, et il nous promenait deux par deux, autour de la cour.

Le vieux hangar nous regardait paternellement ; il disait sans doute : Jouez, jouez, petits enfants, vous connaîtrez bien assez tôt toute la vie ! Il avait déjà vu sortir des morts de la maison. Il a vu, depuis, partir pour toujours toute la famille !…

Qu’est-il maintenant, le vieux hangar ? Il doit être écrasé par l’âge. S’il rit encore sous le soleil, c’est qu’il est tombé en enfance… Je gage qu’on l’a peuplé d’animaux et que les enfants n’y vont plus.

À la Résurrection future, je demanderai un cinématographe où je verrai passer toutes les heures de mon enfance, et la vieille maison, et le parterre, et le jardin, et la cour, et Zoulou, et les petites filles en rose et bleu qui montaient dans l’échelle du vieux hangar, bas et voûté, blanchi à la chaux !


X


Demain, c’était la rentrée des classes. Au lever de septembre, par un jour de soleil, nous étions, Marie et moi, assises par terre sur la galerie, à couvrir nos livres, à aiguiser nos