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AUTOUR DE LA MAISON

du parterre. Ces feuilles sont restées une des admirations de ma petite enfance, de même que l’horloge grand-père que ce monsieur Forest avait dans sa cuisine et qui était ornée, au-dessus du cadran, d’une mer portant un bateau à voile, et d’une lune jaune. La lune et le bateau changeaient de place, à des époques déterminées, pour indiquer des phénomènes ou des choses ordinaires, je ne sais plus !

La belle clôture dépassée, le trottoir finissait. On marchait ensuite sur un chemin battu, un chemin d’amoureux ou une route à vache, large de deux pieds. On suivait maintenant des champs vastes et nus, on passait vis-à-vis des granges muettes. Il y avait trois maisons avant d’arriver chez la petite fille, trois maisons éloignées les unes des autres, aux contrevents bien clos, car les habitants vivent surtout en arrière des maisons. Le salon ne s’ouvre que pour les noces et les morts. Vive la cuisine !

Enfin, on fut chez mon amie d’occasion. C’était une vaste ferme. A côté de la maison, il y avait un puits avec une grande brimballe. En avant, une petite coulée allait à la rivière, et je me souviens d’une immense marmite de fer, suspendue à une grosse branche d’arbre, au-dessus de roches noircies. Je demandai à