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AUTOUR DE LA MAISON

J’avais six ou sept ans, en ce temps-là. Et je n’ai pas oublié ce songe d’enfant et cette voix obsédante et fausse. Petite fille déjà remplie d’amour-propre et de curiosité, si je n’avais pas, malgré mon dégoût, regardé partir la pauvre « Georgette », j’aurais dormi en paix et fait des rêves d’ange !

Mais Toto se moquait de moi !…


XXIV


Pendant les avents, nous vivions dans le rêve, Marie et moi, absorbées par la dévotion et la pensée des étrennes. D’abord, Mère S.-Anastasie nous enseignait qu’il fallait prier continuellement et répéter à tout propos : « Ô divin Enfant Jésus, venez naître dans mon cœur » ; et elle demandait qu’on préparât dans ce cœur une crèche luxueuse, plus belle que celle de notre église paroissiale, une crèche enrubannée de dentelles, et fleurie de nos mérites ! Chaque jour de sagesse et de silence était une parure chaude pour le petit Jésus ; et nous avions, Marie et moi, les yeux toujours baissés et l’index droit sur nos bouches, pour indiquer que nous étions muettes.

Nous ajoutions à cette pénitence un chemin de croix, après la classe, au Sacré-Cœur.