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AUTOUR DE LA MAISON

linge »… Nous filions doux pour avoir des beurrées et nous ramassions, pièce par pièce, nos vêtements.

… Pendant les avents, vers le soir, — on voyait arriver, devant chez nous, deux fois par semaine, une voiture d’habitant, un traîneau à lices, portant deux ou trois quarts de petits poissons blancs. On accourait à la porte avec un grand « plat de vaisselle » que le marchand remplissait des pauvres petites bêtes gelées, enneigées, et tordues en des poses variées. Il y en avait qui étaient plats, et Ton se disputait pour les avoir !

Je ne me rappelle pas si c’était bon, mais je me souviens que Julie en faisait rôtir tout de suite à la broche, au-dessus des braises du poêle, et que cela nous amusait infiniment de regarder noircir les poissons aux belles flammes roses du foyer qui crépitaient et nous chauffaient le visage !

Ô petits détails d’une vie d’enfant ! Souvenirs menus et puérils ! Chaque fin d’automne, il en passe sans doute encore, devant ma vieille maison de là-bas, des marchands de poissons blancs, et il y a des petites filles qui s’amusent après le silence de l’école, et qui fâchent un peu leur maman en faisant du train !

* * *