Page:Le Bon - Psychologie de l’Éducation.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


seurs et des programmes qui obtiennent de tels résultats. Mais voit-on les lycées, qui ont tant de peine à lutter contre la concurrence des maisons congréganistes, et dont les budgets sont toujours en déficit, perdre 5.000 élèves par an ! Les jurys qui prononceraient de pareilles exclusions, — dont profiteraient bien vite les établissements congréganistes, — seraient l’objet de telles imprécations de la part des parents, et d’une telle pression de la part des pouvoirs publics, qu’ils se verraient vite obligés de devenir assez indulgents pour que tous les élèves continuent leurs études. Les choses se retrouveraient donc bientôt exactement ce qu’elles sont aujourd’hui.

D’autres réformateurs nous proposent de copier l’éducation anglaise, si incontestablement supérieure à la nôtre par le développement qu’elle donne au caractère, par la façon dont elle exerce l’initiative, la volonté, et aussi, ce qu’on oublie généralement de remarquer, par la discipline. La réforme, théoriquement excellente, serait irréalisable. Adaptée aux besoins d’un peuple qui possède certaines qualités héréditaires, comment pourrait-elle convenir à un peuple possédant des qualités tout à fait différentes ? L’essai d’ailleurs ne durerait pas trois mois. Je ne connais pas de parents français qui consentiraient à laisser leurs fils revenir du lycée tout seuls, sans personne pour leur prendre un ticket à la gare, les faire monter en omnibus, leur dire de mettre un pardessus quand il fait froid, les surveiller d’un œil vigilant pour les empêcher de tomber sous les roues des trains en marche, d’être écrasés dans les rues par les voitures, ou d’avoir un œil poché quand ils jouent