Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/113

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


court les rues, et qui n’est ni complètement athée ni complètement fanatique.

L’idée de justice absolue manque à l’athée, non pas que l’idée de justice vienne directement de l’idée de Dieu ; tous les dieux qu’on a vénérés depuis que le monde est habité sont souverainement injustes ; tous ont des préférences et des passions, comme les hommes ; mais la croyance en un juge est nécessaire à l’idée humaine de justice ; l’athée ne peut croire qu’à des résidus héréditaires d’erreurs ancestrales.

Sans posséder l’idée de justice, l’idée de mérite, l’idée de responsabilité, qui sont les principaux mobiles des actions humaines, comment un homme peut-il vivre ?

Je crois qu’il ne peut pas vivre !

Il y a des erreurs fondamentales dans la nature de l’homme actuel, et ces erreurs sont aussi indispensables à sa vie que son nez, sa bouche ou son cœur. Heureusement pour l’athée, les ordres de la conscience morale ne se discutent pas ; l’athée le plus raisonneur ne raisonne pas tous les actes de sa vie ; il mourrait. Il agit instinctivement suivant sa nature ; il obéit à sa conscience sans se demander si sa conscience est d’accord avec la logique.

Cependant, petit à petit, à force de raisonner et de discuter tous les problèmes philosophiques, il acquiert quelques certitudes paralysantes, qui