Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/206

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Et la bonne femme fut guérie ; elle était d’une nature simple, et je ne crois pas qu’un moniste, même facile à convaincre, admette une intervention miraculeuse de cet ordre dans une expérience sur la liberté absolue des volitions.

La seconde raison pour laquelle le débat sur la liberté absolue de la volonté humaine me paraît devoir s’éterniser, c’est que le mot liberté lui-même est emprunté à l’observation de l’homme et des animaux ; la spontanéité apparente des mouvements des êtres vivants a été, pour les observateurs grossiers qu’étaient nos ancêtres, la première caractéristique de la vie ! être libre, c’était être comme un homme ou comme un cheval, par opposition avec une pierre ou un cours d’eau ; il n’y a pas d’autre définition possible de la liberté puisque, en dehors des êtres vivants, il n’y a aucun exemple dans la nature, qui puisse faire croire à une faillite du déterminisme. Mais alors, il est évident que si cette notion de liberté est empruntée à l’observation de l’homme, si elle vient de ce que chacun de nous sent en lui-même, rien ne paraîtra plus ridicule que la négation de la liberté de l’homme, à moins qu’il ne soit prouvé que l’on a déformé la notion empruntée à l’homme, ou qu’on lui a donné une extension illégitime ; c’est précisément ce que prétendent les monistes. Le moniste le plus convaincu ne niera jamais qu’il agisse, à un moment donné, pour des raisons qui sont en lui.