Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/207

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Je viens de recevoir d’Amérique une brochure que je n’ai pas encore eu le temps de lire, et qui est intitulée : The freedom of the will, a study in materialism[1]. La dédicace de cet opuscule m’a violemment intéressé ; elle commence par ces mots : « À M. X., dont toute la vie est un exemple de volonté libre. » Il faut que le problème de la liberté absolue soit bien mal posé pour que les auteurs songent encore à en chercher une solution dans l’exemple fourni par la vie d’un héros de Plutarque ou de tout autre individu. Chacun sait que les organismes humains diffèrent quantitativement les uns des autres et que le mécanisme appelé volonté est plus ou moins développé chez nos congénères ; ce mécanisme, dans lequel se transforment en déterminations d’agir les impulsions venues du dehors, est tout à fait différent chez un impulsif, chez un aboulique ou chez le cardinal de Richelieu ; la seule question est de savoir si c’est un mécanisme comparable aux autres mécanismes connus, en ce sens que rien ne s’y passe sans que se modifie quelque chose qui est susceptible de mesure. Les monistes le prétendent ; les dualistes le nient, mais l’observation du caractère le plus entier, le plus volontaire, le plus intraitable, ne fera pas faire un pas à la question.

  1. By Alexander Petronkevich, Ph. D.