Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/22

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phénomène qui me parût en contradiction avec les lois naturelles que je connais le mieux, je ferais probablement comme au théâtre Robert Houdin ; je chercherais la ficelle cachée, le phénomène surajouté et inconnu qui a créé l’apparence du miracle ; et si je ne trouvais pas, j’accuserais probablement l’imperfection de mes moyens de recherche. Il serait infiniment plus simple, me dira-t-on, de croire en Dieu comme les autres ! Croyez-vous donc que ce soit si simple ? Tapez sur une cloche aussi fort que vous voudrez, vous ne lui ferez pas donner un son autre que celui qu’elle peut donner ; vous la fêlerez seulement si vous insistez ; je suis comme la cloche, et mon mécanisme est adulte ; je ne puis pas devenir croyant, mais je puis devenir fou ; quelques-uns pensent peut-être que je le suis déjà !

Je ne serais pas vraiment athée si j’entrevoyais la possibilité de ne plus l’être.


§ 2. — RARETÉ DES ATHÉES PROPREMENT DITS

Y a-t-il beaucoup d’athées ? J’entends de vrais athées allant, avec leur logique d’athée, jusqu’au bout des conclusions inséparables de l’athéisme ? Je me défie des statistiques qu’on rencontre à ce sujet dans les livres et les journaux. En tout cas, il est certain que la grande majorité des hommes est imbue de l’idée de Dieu ; on ne saurait attri-