Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/256

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mimétisme, plus lamarckien que darwinien ; mais il a tort de croire qu’on ne peut pas être lamarckien et moniste, c’est-à-dire être lamarckien et refuser aux animaux « des initiatives absolues ». Je crois que l’on peut classer l’ensemble des phénomènes biologiques en deux catégories : les uns, directement adaptatifs, sont ceux dans lesquels l’être vivant n’est mû sous l’influence des agents extérieurs que par l’intermédiaire de son mécanisme — ce sont les phénomènes lamarckiens — ; les autres, vraiment fortuits[1] et adaptés seulement ensuite par la sélection naturelle, ce sont les phénomènes darwiniens ; et plus je vais, plus je crois que le rôle des derniers est minime dans l’histoire de la formation des espèces. En particulier, je crois que les plus remarquables d’entre les faits de mimétisme sont des résultats d’une fixation progressive, par l’habitude, d’imitations primitivement volontaires. Je veux dire par là que le mécanisme cérébral auquel correspondent les épiphénomènes de volonté intervient dans cette imitation. C’est à ce propos que M. Vignon me cherche querelle[2].

« Non seulement M. Le Dantec, dans le livre même où nous l’avons vu faire appel aux actions volontaires, au choix, à l’ingéniosité consciente des organismes, exprime immédiatement toutes ses réserves sur la nature de cette volonté, qu’il

  1. Au sens que j’ai défini dans ce livre, au § 12.
  2. Op. cit., p. 53.