Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/26

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dit ce que je pensais ; l’athée est aussi invraisemblable pour le croyant que le croyant pour l’athée. C’est seulement bien plus tard que j’ai admis l’existence de vrais croyants ; il n’y a pas longtemps que je considère les athées comme des exceptions. Et même — au fond de moi — je suis obligé de me demander encore si je suis vraiment convaincu qu’il existe des croyants ; les croyants se posent, m’a-t-on dit, la même question au sujet des athées…

Pendant toute ma jeunesse, d’ailleurs, je n’ai pas été préoccupé de questions philosophiques ; j’ai commencé de bonne heure l’étude des sciences mathématiques et physiques ; je me suis efforcé d’en apprendre le plus possible, sans me demander où cela me mènerait ; j’ai continué d’être un bon élève, soucieux de satisfaire mes parents. Et quand j’ai eu l’idée de laisser les sciences exactes pour m’adonner aux sciences naturelles, ce n’a pas été le moins du monde à cause de l’intérêt philosophique qui s’attache à l’étude de la vie, mais par pure curiosité des choses de la morphologie ! J’avais le désir d’apprendre ce que savaient les autres, et là se bornait mon ambition.

Mais les sciences naturelles ne sont pas comme les mathématiques ; elles ne sont pas faites ; si l’on veut s’instruire dans les livres, on rencontre des enseignements contradictoires ; il faut donc choisir entre les théories ; il faut se faire une opinion