Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/32

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ce ne serait pas aux croyants de me blâmer puisqu’ils espèrent que leur foi leur vaudra le paradis. Depuis quelque temps d’ailleurs, quelques-uns d’entre eux ne réservent pas aux seuls croyants les félicités éternelles, et pensent que les hommes de bonne foi ne seront pas punis de leur aveuglement.

Dans une conférence contradictoire, inutile comme toutes les conférences contradictoires, mais qui, du moins, ne fut pas ennuyeuse, l’abbé Naudet voulut bien promettre au public surpris de l’Université populaire du Faubourg-Saint-Antoine, que j’irais au paradis avec lui. De l’assistance, une voix s’éleva, qui émit des doutes, non pas, ce qui eût été bien naturel, sur la probabilité de mon admission future au séjour bienheureux, mais sur l’accueil qu’y pouvait attendre l’excellent abbé lui-même ; « il était, disait-on, trop libéral, et le Syllabus condamne les curés libéraux » ! Je ne suis pas docteur en théologie (on ne s’en apercevra que trop en lisant ce livre), et je ne sais pas si l’Église approuve ou condamne l’indulgence bien connue du sympathique directeur de « la Justice sociale », mais je suis convaincu qu’il parle suivant sa conscience, sans se demander ce que cela peut lui rapporter après sa mort — ou avant. La bienveillante parole qu’il prononça à mon sujet prouve qu’il sait bien que je fais comme lui ; je pense comme je peux, et je ne pourrais pas penser