Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/55

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celui-ci. Il peut se résumer ainsi : Dieu est calqué sur l’âme humaine que l’on dit d’ailleurs procéder de lui ; or la croyance à l’âme humaine résulte d’une conception erronée. La négation de l’âme m’entraîne une fois de plus à la négation de Dieu.

La vieille théorie animiste qui s’est conservée jusqu’à nous à travers divers avatars, se résumait à ceci : le corps est inerte, l’âme est un principe capable de produire et de diriger ses mouvements. Ceux qui ont imaginé cette théorie ignoraient, naturellement, toutes les découvertes ultérieures des physiologistes ; ils croyaient à la spontanéité de l’activité humaine (ou animale), c’est-à-dire qu’ils localisaient dans l’animal mécanisme un principe producteur et directeur de mouvement ; l’homme muni de son corps et de son âme était un tout complet qui introduisait dans le monde des commencements absolus. Nous savons aujourd’hui que cela est faux ; il y a bien deux facteurs indispensables à l’activité animale, savoir le corps de l’animal et le milieu ambiant. Aucun des phénomènes manifestés par un homme ne se manifesterait sans la coactivité du milieu ; l’homme ne possède pas en lui tout ce qu’il faut pour produire ce qu’il produit. Quand un homme A, dans un milieu B, est le siège d’une manifestation quelconque, on n’a jamais le droit de dire rigoureusement : A a fait telle chose. Si l’on veut parler correctement, il faut représenter l’activité observée