Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/74

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des éléments du problème ; mais les croyants sont exposés à la même erreur en condamnant les athées, et ils ne s’en privent pas. Je ne parlerai donc de la prière qu’à propos de ses rapports avec le déterminisme ; j’ai lu, en effet, qu’il y a des croyants déterministes, et cela me paraît incompréhensible, mais ce sont les seuls dont je puisse parler ; les autres sont trop loin de moi.

Un homme qui prie remercie Dieu de ses bienfaits et lui en demande d’autres. J’ai dit, au paragraphe précédent, ce que je pense des remerciements ; voyons maintenant ce que peut demander un déterministe. Un miracle, évidemment ! Dieu a créé le monde, et lui a imposé des lois par lesquelles tout est réglé. Si un enfant est malade, les conditions de sa lutte contre l’agent pathogène sont déterminées ; l’issue en est fatale si les lois naturelles sont appliquées ; la mère ne prévoit pas cette issue, mais elle pense que Dieu la connaît et elle lui demande d’écarter la mort du chevet de son fils, c’est-à-dire, de faire un miracle, de donner un accroc aux lois qu’il a lui-même édictées. Si l’enfant meurt tout de même, la mère se dit qu’elle n’avait pas mérité le miracle demandé, et elle bénit le Seigneur dans son inflexibilité. Si l’enfant ne meurt pas, elle ne se dit pas que la maladie pouvait n’être pas mortelle ; le miracle a eu lieu, et la mère est pleine de reconnaissance ; cela n’a d’ailleurs d’inconvénient pour personne, et le pis