Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/85

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C’est certainement l’intérêt de tous les hommes qu’il y ait une divinité qui punisse ce que la justice humaine ne peut réprimer ; mais aussi il est clair qu’il vaudrait mieux ne pas reconnaître de Dieu que d’en adorer un barbare auquel on sacrifierait les hommes, comme on a fait chez tant de nations. »

J’ai tenu à citer tout au long l’opinion de Voltaire, car il n’y a pas d’argument plus fort contre l’athéisme que cette manière de voir d’un homme considéré généralement comme dépourvu de toute superstition. Voici, en revanche, ce qu’écrit Diderot dans le célèbre « Entretien d’un philosophe avec la maréchale » : « Quel motif peut avoir un incrédule d’être bon s’il n’est pas fou ? […] Ne pensez-vous pas qu’on peut être si heureusement né qu’on trouve un grand plaisir à faire le bien ? […] Qu’on peut avoir reçu une excellente éducation qui fortifie le penchant naturel à la bienfaisance ? […] Et que, dans un âge plus avancé, l’expérience nous ait convaincus, qu’à tout prendre, il vaut mieux, pour son bonheur dans ce monde, être un honnête homme qu’un coquin ? »

J’ai souligné, dans cette dernière citation, l’argument le plus important ; j’aurai à y revenir. Il s’agit, dans ce chapitre, d’utilité, et non de logique comme dans le chapitre précédent ; dès qu’il s’agit d’utilité, on ne s’entend plus guère ; chacun apprécie à sa façon, et il n’est pas sans intérêt de mettre en