Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/94

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milliers de générations de servage, la conscience morale du chien serviteur est fixée indépendamment des contingences. Le chien obéit à un homme qui est son maître, même si cet homme est méchant pour lui et ne lui fait pas de bien. La conscience morale du chien, c’est le sentiment de l’obéissance à l’homme ; le bien, le juste, l’honnête, sont pour lui ce qui plaît à son maître. L’homme est quelquefois capricieux, mais cependant, n’ayant qu’un maître, le chien est heureux, sachant toujours, sans hésitation possible, quel est son devoir, l’obéissance passive ; il est plus heureux que le croyant, qui désireux d’obéir à Dieu, ne sait pas toujours ce qu’il doit faire, car la conscience morale de l’homme est compliquée ; nous avons des devoirs multiples, et Dieu ne nous donne pas toujours des ordres très clairs. J’ai souvent envié le sort de mon chien, moi qui ai une conscience morale, quoique ne croyant pas en Dieu.

Pendant longtemps, l’homme a été aussi heureux que le chien ; le devoir se présentant toujours sous une forme religieuse, il n’y avait pas d’hésitation possible ; on n’avait pas à choisir entre le devoir religieux et le devoir social. Il n’en est plus de même aujourd’hui ; les théocraties sont mortes, et chaque homme, indépendamment de sa foi religieuse, appartient à un état laïque dont les règlements sont quelquefois contradictoires de ceux de