Page:Le Goffic - L'Âme bretonne série 4, 1924.djvu/168

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être debout » et a dû être « remplacée » par une autre maison. Si M. de Gourcuff a découvert cette maison, tout va bien ; s’il ne l’a point fait, on est en droit de juger assez sévèrement sa tentative, qui n’allait à rien moins qu’à dépouiller M. Durocher des fruits d’une laborieuse enquête.



En retour et sur la nature même de l’hommage rendu à l’auteur des Derniers Bretons, je suis tout à fait à mon aise pour louer M. de Gourcuff et le féliciter de ses efforts. L’orateur qu’il avait choisi pour célébrer Souvestre n’a pu manquer de s’acquitter de cette tâche avec son talent habituel. C’était M. Camille Le Senne, l’inventeur du « feuilleton parlé » et l’un de nos critiques les plus avertis.

Je doute pourtant que M. Le Senne, très compétent pour disserter du Souvestre romancier et auteur dramatique, ait été aussi bien renseigné sur un troisième Souvestre moins répandu, moins accessible aux esprits parisiens et qu’on peut appeler le Souvestre traditionnaliste. Or, c’est ce Souvestre et point d’autre qui a quelque chance de survivre et qu’on peut tenir sans trop d’exagération pour un précurseur. De la masse incroyable de romans à tendance piétiste accumulée par ce Breton dévoyé, s’il surnage quelque chose, c’est uniquement les livres où il abdique le ton prédicant et se contente de décrire sa province. On ne lira plus — et de fait qui donc dès aujourd’hui les lit ? — Un Philosophe sous les toits, le Mémorial de la Famille, les Soirées de Meudon, Sous la Tonnelle, le Mendiant de Saint-Roch’, etc., etc. qu’on lira encore, au moins en Bretagne, le Foyer Breton, les Derniers Bretons, les