Page:Le Goffic - L'Âme bretonne série 4, 1924.djvu/336

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sant par Noyal-Pontivy, Naizin, Locminé, Saint-Jean-Brévelay, Berric et Muzillac. Au total 133 communes du Morbihan sur 256 parlent encore la variété dialectale du breton armoricain connue sous le nom de vannetais.

Gallotes ou bretonnes, d’ailleurs, toutes ces communes sans exception sont restées fidèles à leurs vieux us et à leurs antiques costumes. Sauf dans la Cornouaille finistérienne, on ne retrouverait nulle part d’aussi pittoresques « vêtures ». Et quelle variété, surtout dans la coiffe des femmes, depuis le joli bonnet carré des Alréennes, qui recule le visage comme au fond d’une niche de dentelle, jusqu’à la toque d’avocat des ménagères de Plouray, qui prête aux réunions de ces villageoises l’aspect inattendu d’un aréopage féminin !… Est-il plus naïfs « pardons » que celui de Saint-Cornéli-de-Carnac, où défilent, à l’issue de la messe paroissiale, devant le grand portail, les bestiaux gracieusement offerts par les cultivateurs de la région au céleste protecteur des bœufs ; plus étranges que celui de Notre-Dame-de-Josselin, avec les cris lugubres de ses « aboyeuses » venues chercher la guérison au pied de la Vierge du Roncier ; plus émouvants que celui de Notre-Dame-de-Larmor, d’où part, chaque année, le 24 juin, pour la bénédiction solennelle des « coureaux », la procession marine des sardiniers conduite par le clergé de Plœmeur et que rejoignent, en mer, sur des barques pavoisées, les processions de Riantec, de Port-Louis et de Groix ; plus imposants et plus réputés enfin que celui de Sainte-Anne-d’Auray, où l’affluence des pèlerins est si grande que l’énorme vaisseau de la basilique ne peut la contenir et qu’il faut célébrer les offices en plein air, — Sainte-Anne-d’Auray qui, depuis quelques