Page:Le Nismois, La Tunique de Nessus, 1900.djvu/29

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
Book important2.svg Les corrections sont expliquées en page de discussion
— 27 —


d’une ivresse affreuse et terrible ! Stani, nous n’aurons ni l’un ni l’autre la force d’arrêter le jeu et tout le passé ressuscitera, la tunique de Nessus se fera sentir à nos épaules et nous retournerons à l’inconnu, à l’imprévu.

— Je te veux, comme je te vis sur lui, tu es ma femme, ces impressions délirantes je les ai trop peu ressenties avec toi ; nous sommes ici dans ce pays pour nous, que crains-tu de l’inconnu, de l’imprévu ? Je veux être pour toi Christoval et après je redeviendrai Stani. Je veux qu’une frénésie de plaisir altruiste m’entre dans les veines, je veux que tu t’abuses absolument, que tu croies bien voir en moi Christoval et que tu agisses comme tu as agi à son égard.

Les yeux d’Irène brillaient comme du feu, son petit sourire avait repincé ses lèvres : avec des gestes saccadés elle se dépouilla rapidement de tout son costume, se mit entièrement nue, déroula les cheveux sur ses épaules et répondit la voix brève :

— Soit, tu le veux, je serai sincère dans mon rôle, tache de retrouver les répliques de Christoval ou je te les soufflerai impitoyablement, dussent-elles te déchirer l’âme ; Stani, il en est