Page:Le Nismois, La Tunique de Nessus, 1900.djvu/33

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Paris, je le dois au philtre masculin que je pompe à la queue de ceux que j’ai condamnés à servir ma passion. Tu es de ceux-là, mon beau Christoval et, à cette heure-ci, nulle force humaine ne te soustrairait à mon attrait. L’homme que j’aime le plus au monde, s’il survenait, je lui rirais au nez, je lui cracherais mon mépris, il ne te sauverait pas. Allons, mon Christoval aimé, tu me trouves belle dans ma nudité, montre la tienne.

Elle avait posé les mains sur les deux épaules de Stanislas, le dévorant des yeux dans l’évocation de ces paroles du passé, son corps se penchait en avant et tout son buste admirable planait au-dessus du visage de son mari ; de ses chairs, mille fluides lascifs s’élançaient vers le corps mâle, le pénétraient, exaspérant ses ardeurs et elle se trouva saisie par les bras de Stanislas qui luttaient pour la ployer, l’attirer à lui, dans un fol élan d’amour, dans un fougueux désir de possession.

Un sourire ironique plissa ses lèvres, et elle dit :

— Ici, tu n’as pas besoin d’être remis dans le bon chemin de l’imitation, tu agis comme lui, voyons si tu suivras aussi bien le rôle.