Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/226

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Adieu nature, adieu forêts, Alpes sacrées
Qui m’avez un moment donné l’oubli du mal ;
Quand mon âme et ma chair seront transfigurées,
Nous nous retrouverons au sein de l’idéal.

Vous entrerez aussi dans l’immortelle vie ;
Un ciel plus pur luira sur vos fronts éclatants ;
J’y volerai, peut-être, au gré de mon envie,
A côté des grands morts vos heureux habitants.

Mes amis d’autrefois me guideront encore :
Sur vos plus hauts gradins nous irons nous asseoir ;
Nous toucherons du doigt les roses de l’aurore ;
Nous baignerons nos pieds dans la pourpre du soir.

Là, notre ancien amour refleurira sans cesse
Sous le même soleil dans un printemps nouveau ;
Et vous m’y verserez, mieux que dans ma jeunesse,
Le breuvage du vrai dans la coupe du beau.




LA PATRIE

A nos Fils


Nommez votre pays de ce nom : la patrie !
Après celui de Dieu, c’est le nom du devoir.
Prononcez-le toujours avec idolâtrie,
Ce nom qui vous oblige au combat, à l’espoir.