Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/246

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Tout est dit, tout est bien. Frères, je vous délie.
Obéissez, priez, vivez. Moi, je m’en vais,
Ma tâche faite, ayant vécu des jours mauvais,
Mais rendant grâce au ciel jusqu’à mon dernier râle.
Amen ! Voici la mitre et la croix pectorale,
Et la chape et l’étole et la crosse et l’anneau.
Au nom du Père, au nom de l’éternel Agneau,
Au nom de la Colombe et de la Vierge mère,
Amen ! Heureux qui sort de la vie éphémère
Et rentre dans la paix de son éternité !
Amen ! Amen ! au nom de l’unique Équité !
Nous le savons : le champ que Dieu même ensemence
Hors du monde fleurit dans la lumière immense.
Puissé-je contempler sa gloire, en qui je crois !
Amen ! Amen ! Je m’en remets au Roi des Rois. —

Et le vieillard, courbant sa tête vénérable,
Traversa le Chapitre et s’en alla, semblable
Au spectre monacal qui traîne son froc blanc,
Sans insignes, débile, et l’humble corde au flanc.
Une rumeur confuse emplit la salle sombre ;
Et tous le regardaient disparaître dans l’ombre ;
Mais le Moine bondit dans la chaire et cria :

— A l’œuvre ! Dieu le veut ! A l’œuvre ! Alleluia ! —