Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/352

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A maculé le haut honneur de tes vieux murs !
Qui, jadis érigeais pesamment tes blocs sûrs,
Cuirassés d’arrogants défis à la défaite ;
Hélas ! tu n’entends plus, dans de fiers bruits de fête.
Le fer joyeux chanter, ni les lourds escadrons
Hennir dans les clameurs superbes des clairons,
Ni tes Reîtres tinter de tonnantes armures !
Ores, rongé par l’herbe, et plein de vils murmures
Et d’un bruit qui pullule affreusement vivant,
Tu ne retentis plus que des assauts du vent,
Antre fauve, — où l’affreux tumulte des tempêtes
Engouffre, en mugissant, son noir troupeau de bêtes !
Reçois-nous ! Sois notre hôte : — Adopte-nous pour tiens !
— Et revivant l’horreur de tes forts jours anciens,
Renais, pour nous, puissant et fier, comme naguère,
Et renfle tes poumons aux rumeurs de la Guerre !


III


— Or nous étions en mil cinq cent septante-trois.
L’an qui suivit le grand Triomphe de la Croix !…

Tous mes soudards et moi vivions sans trop de peine :
Six mois s’étaient déjà passés dans ce domaine
A guerroyer très-bien et piller encor mieux ;