Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/416

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Une à une, parmi les nuages flottants,
Étoiles, vous fuyez aux rougeurs de l’aurore ;
Ainsi dans le brumeux oubli qui les dévore
Se perdent nos amours, nos gaîtés, nos printemps…

Du moins vous renaîtrez, étoiles fortunées,
Vos guirlandes le soir au ciel refleuriront ;
Mais nous, quand la jeunesse a fui, sur notre front
Nous ne retrouvons plus nos couronnes fanées.

La vie humaine, au soir, sans rayon ni flambeau,
Se traîne en tâtonnant jusqu’à la froide couche
Où la Mort, appuyant son doigt sur notre bouche,
Nous endort dans la nuit sans astres du tombeau.