Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/419

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L’ombre du mur voisin vient tomber à nos pieds
Un rayon en tremblant sur ta jupe se pose.
Le vent derrière toi, pendant que tu t’assieds,
Balance les lilas et l’aubépine rose.

Pas un bruit : le feuillage à peine est agité.
Le jardin s’assoupit, caressé par la brise,
Et nous sentons venir languissamment l’été,
Qui passe autour de nous, sans hâte et sans surprise.




A TRAVERS CHAMPS


Nous irons en suivant les bois, si tu m’écoutes,
Jusqu’au bord du ravin planté de saules creux :
On trouve plus souvent aux champs les amoureux
Dans les petits sentiers que sur les grandes routes.

Par ces chemins perdus nous aimons à passer.
Notre amour s’y repose, et souvent y demeure.
Nous partirons après une halte d’une heure,
Et puis nous marcherons encor sans nous lasser.

Quand je suis avec toi, quand rien ne nous sépare,
J’aime que le hasard nous prenne par la main.
Nous irons devant nous sans souci du chemin,
Tant mieux s’il nous conduit, tant pis s’il nous égare.