Page:Le Parnassiculet contemporain, 1872.djvu/26

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il salue. Le jeune homme aux cheveux d’or s’avance vers lui gracieusement :

— Fils de la Lune et du Soleil, dit-il, Con-Fut-Zeu parle par ta bouche en métaphores blanches comme le nénuphar et harmonieuses comme le chant de l’oiseau Li… Nous t’attendions… Sois bienvenu parmi les Parnassiens !

— Bonsoir, Monsieur, répond poliment Si-Tien-Li, et, après avoir consulté son dictionnaire de poche, il ajoute :

— Comment vous portez-vous ?

Quelques Parnassiens se sont levés pour serrer la main au poëte chinois, qui s’étonne de voir autour de lui tant d’yeux effarés et de chevelures extraordinaires ; d’autres, plus profondément haschichés, restent accroupis sur leurs coussins et continuent de regarder au plafond la danse des petites flammes dans l’intérieur des lanternes.


VI


Le critérium de Si-Tien-Li.


— Asseyez-vous, fils du Soleil, dit le poëte aux cheveux d’or en présentant un fauteuil à Si-Tien-Li.

Le mandarin s’incline et s’assied.

— Vénérable mandarin à bouton de cristal, vous nous surprenez ici au milieu d’une de nos séances parnassiennes, en train d’habituer nos yeux au spectacle des belles formes (il montre la jeune fille) et des colorations singulières (il désigne la carafe et les trois lanternes).