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GAEL’ IMAR AU GRAND PIED



Dans un grand lit sculpté, sur deux larges peaux d’ours,
L’écuyer Gaël’Imar près de la reine Edwige
Repose. — Ainsi que la loi danoise l’exige,
Ils ont entre eux, veuf de sa gaîne de velours,

L’acier d’un glaive nu qui les tient à distance.
Le vieux roi fait la guerre en Chine ; il a chargé
Gaël’Imar d’épouser sa femme en son absence.
« Oh ! qui m’arrachera du cœur l’ennui que j’ai ?

« Je meurs si je n’obtiens ce soir un baiser d’elle,
Et le roi me tuera, certes ! si je le prends ! »
Dit Gaël’Imar, seigneur très sage et très-fidèle.
« Qu’il est beau ! dit Edwige, et qu’il a les pieds grands !

« Comme il sied aux héros qui vont à la bataille,
Il est couvert de fer forgé…, casqué de fer…,
Ganté de fer…, chaussé de fer,… et puis l’entaille
Qui lui tranchera la joue est charmante ! » — L’Enfer