Page:Le Play, L’Organisation De La Famille, 1884.djvu/87

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à peu le seigneur et les colons modifièrent, d’un commun accord, ce contrat, en vue de conjurer les difficultés naissant de l’enchevêtrement des intérêts et du règlement des redevances livrées en journées de travail. À mesure qu’ils s’enrichissaient par le travail et l’épargne, les colons entreprenaient à leur propre compte la culture de tout le sol défriche, la charge de partager les produits avec le seigneur, ou de lui payer en argent chaque année une redevance équivalente[1].

    époques où j’étudiai ces régions. Voir la monographie ayant pour titre : Paysans agriculteurs et charrons (à corvées) des steppes de terre-noire du pays d’Oremberg. (Les Ouvriers européens, t. II, ch. ii). Voir également une monographie décrivant une organisation analogue que j’ai observée, en 1846, dans la Hongrie centrale : Jobajjy, ou Paysans agriculteurs (à corvées) des plaines de la Theiss. (Les Ouvriers européens, t. II, ch. vii.) — Ces communautés ont été depuis lors modifiées : en Russie, par l’oukase de 1861 (voir la Réforme sociale, 66, X) ; en Hongrie, par diverses réformes postérieures à 1848. (Annuaire des Unions, 1876, ch. vi et vii)

  1. Voir la monographie ayant pour titre Paysans agriculteurs, portefaix et batelier-émigrants (à l’abrok) du bassin de l’Oka (Russie Centrale). (Les Ouvriers européens, t. II, ch. v.) Cette communauté de paysans m’a offert en 1853 un degré de bien-être que je ne croyais pas compatible avec une organisation féodale. Cependant cette organisation sociale reste inférieure à celle que signalent les recherches récentes de l’archéologie pour une foule de communautés rurales de la France aux XIIe et XIIIe siècles. Pour ramener au vrai ceux qui ont pu, comme moi, être égarés par les fausses notions d’histoire inculquées chez nous à la jeunesse, je ne saurais mieux faire que de renvoyer le lecteur aux ouvrages cités ci-dessus (note 1). Je signale notamment, l’état social acquis dès le XIIe siècle aux bourgeois laboureurs du petit bourg fortifié de Beaumont-en-Argonne, qui fait aujourd’hui partie du département des Ardennes. Ces bourgeois cultivaient