Page:Le Voyage des princes fortunez - Beroalde, 1610.pdf/452

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
415
fortunez. Entreprise II.


uoit, eſperant que le temps & l’opportunité le dreſſeroit aux eſfaits de ſes pretétions.La Royne cömença ſesiours de douleur, & deiour en iour recognoiſſoit la fraude commiſe en l’ame de ſon ſeigneur.Cependätle Roy deſolé qui eſt enuirö né du corps d’vne craintiue Biche, venant de s’é— gayer, ſur l intentió commune de lui & de Spa nios, veint pour ſe reioindre à ſon corps, mais ar riuant au lieu où ill’alaiſſé il ne le trouue point, ains celui de ſon deſloyalvaſſal quil’a volé & de ceu, ceſte Ame royale, qui de ſa volonté ſ’èſtad donnee au paſſetemps, en a bien choiſi le ſujet, & innocemment eſt entree en vn corps irraiſonna ble, au domicile où n’ont point accouſtumé de loger les ames humaines : Mais ſe voyant trópee, dedaigne entrer au corps d’vn traiſtre, elle ay me mieux aller miſerable, ſuyuant ſes peureuſes erres, que ſe cótaminer en vn corps pollu de per fidie, & comme il eſt à raiſonner ſur ce differend, il void & oit ſes gens qui courent à ſa queſte : Au bruit, ilauiſe ce qu’il doit faire, ſa raisölegouuer | ne, il fuit où le † le peut emporter : choiſiſ ſant les voyes qui le retirent du danger. Le pau uret eſt contraint d’aller gemiſſant pour la fau te commiſe d’auoir eſté trop liberal à deſcou urir ſes ſecrets.Mais dequoy † ſert la repentan ce à ceſte heure, il faut qu’il continue ſes peines, auec infinis ſoucis & multitude de craintes ordi naires : combien de fois les chiens lui ont-ils dö né l’eſpouuante, lors qu’il penſoit que courant, ils lui pendoient aux trouſſes, quelque animal furieux le faiſoit ſouuent fremir, & aucunesfois vn grand cerf l’alloit importunant en rut bra-