Page:Leblanc - Arsène Lupin gentleman-cambrioleur.djvu/229

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en jouissance, les emprunts qu’elle avait dû contracter à des taux exorbitants, ses interminables démêlés avec les neveux de Brawford, et les oppositions ! et les séquestres ! tout enfin !

— Pensez donc, Monsieur Lupin, les titres sont là, à côté, dans le bureau de mon mari, et si nous en détachons un seul coupon, nous perdons tout ! Ils sont là, dans notre coffre-fort, et nous ne pouvons pas y toucher !

Un léger frémissement secoua Monsieur Lupin à l’idée de ce voisinage. Et il eut la sensation très nette que Monsieur Lupin n’aurait jamais assez d’élévation d’âme pour éprouver les mêmes scrupules que la bonne dame.

— Ah ! ils sont là, murmura-t-il, la gorge sèche.

— Ils sont là.

Des relations commencées sous de tels auspices ne pouvaient que former des nœuds plus étroits. Délicatement interrogé, Arsène Lupin avoua sa misère, sa détresse. Sur-le-champ, le malheureux garçon fut nommé secrétaire particulier des deux époux, aux appointements de cent cinquante francs par mois. Il continuerait à habiter chez lui, mais il viendrait chaque jour prendre les ordres de travail et, pour plus de commodité, on mettait à sa disposition, comme cabinet de travail, une des chambres du deuxième étage.