Page:Leblanc - Contes Heroïques, parus dans Le Journal, 1915-1916.djvu/12

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

« Ami que je ne connais pas, excusez-moi de vous envoyer des affaires, bien propres, mais qui ne sont pas toutes neuves. Ce sont celles de mon fils chéri. Comme vous il se bat. Comme vous il est au front. Mais il a bien chaud, lui, grâce aux vêtements que je lui ai adressés. Alors, comme l’argent manque, hélas ! à la maison, — la vie est si dure en ce moment ! — j’ai pensé à ses vieilles affaires, qui demeuraient inutiles dans un tiroir, et je vous les envoie.

» Mon, ami, je vous avoue que ça me fait un peu de peine de m’en séparer. Une mère tient tant à ces petites choses-là ! Depuis qu’il est parti, je les visitais, je leur faisais prendre l’air, je les rangeais même sur son lit comme s’il avait dû s’en servir tout à l’heure, ou demain… Il me semblait qu’en les préparant je