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L’AIGUILLE CREUSE
209

— Si elle ne comprend pas ?…

— Vous ajouterez « Il s’agit du secret…du secret de l’Aiguille. » La reine comprendra.

« Ayant parlé, il jeta le livre parmi les braises qui rougissaient dans l’âtre.

« Le 21 janvier, il montait sur l’échafaud.


« Il fallut deux mois à l’officier, par suite du transfert de la reine à la Conciergerie, pour accomplir la mission dont il était chargé. Enfin, à force d’intrigues sournoises, il réussit un jour à se trouver en présence de Marie-Antoinette.

Il lui dit de manière qu’elle pût tout juste entendre :

— De la part du feu roi, Madame, pour Votre Majesté et son fils.

« Et il lui offrit la lettre cachetée.

« Elle s’assura que les gardiens ne pouvaient la voir, brisa les cachets, sembla surprise à la vue de ces lignes indéchiffrables, puis, tout de suite, parut comprendre.

« Elle sourit amèrement, et l’officier perçut ces mots :

— Pourquoi si tard ? »

« Elle hésita. Où cacher ce document dangereux ? Enfin, elle ouvrit son livre d’heures et, dans une sorte de poche secrète pratiquée entre