Page:Leblanc - Le Chapelet rouge, paru dans Le Grand Écho du Nord, 1937.djvu/47

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» Naturellement, Sourdenal, qui était responsable et qui d’ailleurs n’avait prêté que sur couverture, réclama son argent. Le débiteur était insolvable. Restait le paquet de titres déposés en couverture. Comme j’étais de mon côté créancier de Sourdenal, il livra les titres à mon secrétaire qui me les remit. C’était il y a vingt jours, un samedi, à Paris. Les banques étaient fermées. Je remontai en auto pour venir ici. J’emportai ce paquet et le déposai dans ce coffre. Qui a pu s’informer de cette circonstance, sinon tel individu qui avait intérêt à la connaître, qui aura épié mon secrétaire, qui m’aura vu sortir de mes bureaux de Paris, avec un portefeuille sous le bras, et qui, venant ici lui-même, deux semaines plus tard, aura profité de l’occasion… »

M. Rousselain dit : « Le nom de ce client ? »

D’Orsacq répliqua :

— Le nom ? Sourdenal me l’a confié. Je l’ignorais jusqu’à dimanche matin.

Bernard Debrioux s’approcha. Il avait le même air résolu que d’Orsacq. De part et d’autre, pas de recul possible. La haine était la même, le désir de combat aussi ardent.

— Tu affirmes que tu ignorais ce nom jusqu’à dimanche matin ? demanda-t-il.

— Je l’affirme.

— Tu mens !

Bernard prononça ces mots avec une violence incroyable. Les deux ennemis se dressèrent aussitôt l’un contre l’autre et Bernard répéta, plus calme d’attitude, mais plus dur encore d’intonation : « Tu mens. Tu connais le nom de cet homme depuis le premier jour.

— Tu le connais donc aussi, toi ?

— Parbleu ! puisque c’est moi.

Christiane murmura, toute défaillante :

— Ce n’est pas vrai, Bernard… ce n’est pas vrai !… Ce ne peut être toi…

— C’est moi ! s’écria Bernard, la voix provocante, et face à face avec Jean d’Orsacq.