Page:Leblanc - Une femme, 1893.djvu/180

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Justement Georges Lemercier y commandait des assiettes de gâteaux. Un colloque fut engagé. Tout de suite le jeune homme parla du bal Lefresne :

— J’en ai gardé une si charmante impression ! La couleur, la forme de votre robe, l’arrangement de vos cheveux, tout cela s’est gravé en moi…

Il savait les potins relatifs à Lucie, ce qui lui donnait de l’assurance, et de sa voix mâle et câline, il fit allusion aux promenades parallèles de la rue Jeanne-d’Arc.

— À cette époque, j’ai eu un grand chagrin, et j’ai voyagé, ajouta-t-il gravement, expliquant ainsi sa disparition.

Elle tira son porte-monnaie. Il gémit :

— Ne vous en allez pas encore !

— Il faut bien, j’ai eu froid et je rentre me réchauffer.

Il eut une hardiesse folle.

— Si j’osais… j’ai par là un petit réduit assez confortable… où je vais quelquefois fumer… une allumette et le bois flamberait…

La riposte de Lucie fut spontanée, involontaire :

— Pourquoi pas ? Seulement, vous savez, le temps de me remettre d’aplomb, et c’est tout.

Il fut stupéfait de son succès.

— Vrai, vrai, vous consentez ?