Page:Leconte de Lisle - Œuvres, Poèmes tragiques.djvu/121

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Banville - Œuvres, Le Sang de la coupe, 1890 (page 281 crop).jpg






LHomme, une nuit, parmi la ronce et les graviers,
Veillait et méditait sous les noirs oliviers,
Au delà du Qidrôn pierreux et des piscines
De Siloa. Le long des rugueuses racines,
Les Onze, çà et là, dormaient profondément.
Et le vent du désert soufflait un râlement
Lamentable, et la nuit lugubre en était pleine.
Et l’Homme, enveloppé de sa robe de laine,
Immobile, adossé contre un roc, oublieux
Des ténèbres, songeait, une main sur les yeux.

Or, l’Esprit l’emporta dans le ciel solitaire ;
Et, brusquement, il vit la face de la terre
Et les mille soleils des temps prédestinés,
Et connut que les jours de son rêve étaient nés :