Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/14

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crets qui ne peuvent être révélés, de sorte qu’on les a toujours ignorés.

Vers l’an 41, l’empereur Claude venant de succéder à Caligula, saint Pierre se rendit à Rome afin d’y établir le Saint-Siège. L’Église enseigne qu’il y résida vingt-cinq ans. On s’est permis d’émettre quelques doutes sur l’authenticité de ce fait, sous prétexte que le livre des Actes n’en dit rien, d’une part, et que, d’autre part, le chef des Apôtres, d’après les historiens ecclésiastiques, ouvrit en personne le Concile de Jérusalem, en 50 ou 51 de l’Ère chrétienne. On ne réfute pas de telles objections. Il est infiniment plus important de croire que saint Pierre vint fonder la papauté à Rome et gouverna en effet l’Église sans interruption jusqu’à sa mort. Sa présence au Concile de Jérusalem n’en est pas moins indubitable, ainsi que le prouve la célèbre contestation qui s’éleva entre lui et saint Paul, au sujet des rites prescrits par Moïse, et dont le nouvel Apôtre demandait l’abolition. Le Concile décida que la circoncision et les autres observances judaïques seraient désormais rejetées, et sa déclaration commença par ces paroles : II a semblé bon au Saint-Esprit et à nous.

Peut-être serait-il légitime de s’étonner que le premier pape infaillible, de qui procèdent tous les autres papes également infaillibles, se fût trompé dans une question de foi, au point de reconnaître publiquement son tort, si Origène, Tertullien et saint Jean Chrysostôme, ne nous affirmaient que cette contestation ne pouvait être qu’une simple