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POÈMES BARBARES.

Donc, Monsieur saint Bernard qui siège au lieu céleste,
Hausse ma voix ! L’Esprit divin fera le reste.

Sus ! Sus ! La coupe est pleine et déborde. Debout,
Les forts, les purs, les bons, car le monde est à bout !
Et voici que tantôt la vieille idolâtrie
S’en va noyer la terre et sa race flétrie,
Mieux qu’au déluge où Dieu jadis se résolut,
Moins la colombe, avec le rameau du salut !
Sus ! Empereurs et Rois, chefs du Centre et des Marches,
Cardinaux et Primats, Évêques, Patriarches,
Abbés, Généraux d’ordre et Docteurs très chrétiens,
Vous tous, les boucliers, les flambeaux, les soutiens
De la très vénérable Église, notre mère,
Qui languit et qui pleure en son angoisse amère !
Je vous adjure, au nom des Âmes en danger
Qui sont pâture aux loups et n’ont plus de Berger,
Par la sanglante Croix où pend le Fils unique,
Sus ! Debout ! Au très saint Concile œcuménique !

Au concile ! Sitôt que vous y siégerez,
À vos fronts comme à ceux des apôtres sacrés,
Luira le paraclet en flamboyantes langues,
Qui mettra la sagesse en vos bonnes harangues ;
Et le sens infaillible et la droite équité
Seront fruits mûrs de votre impeccabilité !
Sus ! triez le froment des pailles de l’ivraie !
Par Décrets et Canons qui sont la Règle vraie