Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/362

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Si nous vivions au siècle où les Dieux éphémères
Se couchaient pour mourir avec le monde ancien,
Et, de l’homme et du ciel détachant le lien,
Rentraient dans l’ombre auguste où résident les Mères,

Les regrets, les désirs, comme un vent furieux,
Ne courberaient encor que les âmes communes ;
Il serait beau d’être homme en de telles fortunes,
Et d’offrir le combat au sort injurieux.

Mais nos jours valent-ils le déclin du vieux monde ?
Le temps, Nazaréen, a tenu ton défi ;
Et pour user un Dieu deux mille ans ont suffi,
Et rien n’a palpité dans sa cendre inféconde.