Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/172

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Vous agitiez le saule où sourit Galatée ;
Et, des nymphes baisant les yeux chargés de pleurs,
Vous berçâtes Daphnis, en leur grotte écartée,
Sur le linceul agreste, étincelant de fleurs.

          Quand les vierges au corps d’albâtre,
          Qu’aimaient les dieux et les humains,
          Portaient des colombes aux mains,
          Et d’amour sentaient leurs cœurs battre ;

Vous leur chantiez tout bas en un songe charmant
Les hymnes de Vénus, la volupté divine,
Et tendiez leur oreille aux plaintes de l’amant
Qui pleure au seuil nocturne et que le coeur devine.