Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/270

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Ô sage, vis sans cesse, et sois heureux toujours.

La vérité, mon père, a parlé par ta bouche.
Kalliope reçut Œagre dans sa couche :
Je suis né sur l’Hémos de leurs embrassements.
Pour braver Poséidon et les flots écumants
J’ai quitté sans regrets la verte Bistonie
Où des rythmes sacrés j’enchaînais l’harmonie ;
Et la riche Iolkos m’a reçu dans son sein.
Là, sur le bord des mers, comme un bruyant essaim,
Cinquante rois couverts de brillantes armures,
Poussant jusques aux cieux de belliqueux murmures,
Autour d’une nef noire aux destins hasardeux
Attendent que ma voix te conduise auprès d’eux.
Sur la plage marine où j’ai dressé ma tente,
Environnant mon seuil de leur foule éclatante,