Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/64

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Le divin Eurotas, ô vierges innocentes,
Invite en soupirant votre douce beauté.
Il baise vos corps nus de ses eaux frémissantes,
Palpitant comme un cœur qui bat de volupté.

Terre au sein verdoyant, mère antique des choses,
Toi qu’embrasse Océan de ses flots amoureux,
Agite sur ton front tes épis et tes roses !
Ô fils d’Hypérion, éclaire un jour heureux !

Sur tes bras, ô Léda, l’eau joue et se replie,
Et sous ton poids charmant se dérobe à dessein ;
Et le cygne attentif, qui chante et qui supplie,
Voit resplendir parfois l’albâtre de ton sein.