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FÉLICIEN CHAMPSAUR.


LE BAL DES ROSES




La maison est charmante, et vaste le jardin.
On est en mai. Partout des fleurs, partout la sève,
et la terre, à l’éveil, semble sortir d’un rêve.
On est en mai.
On est en mai. Le vent souffle et pleure soudain.

Venant du nord-ouest, il paraît anodin,
puis il s’enfle. Aux taillis de roses il enlève
pétales et pistils. Il tempête sans trêve
et défait ce que fit Avril incarnadin.

Toute fleur effeuillée entre, en plein, dans la danse,
tournoyant au mistral qui donne la cadence,
et plus d’une périt dans ce bal attristant.

La maison, très tranquille, a les fenêtres closes.
Un bruit, de là, s’envole. On dirait qu’on entend
un air mêlant ses sons au tourbillon des roses.





FOLIE BLONDE




Maîtresse, tu naquis à la clarté lunaire ;
l’astre pervers donna de ses rayons afin
d’en former tes cheveux, — et le reste, où ma faim
de ta caresse fauve est comme dans une aire.