Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/331

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JEAN AJALBERT.


Il était une fois, ô gué,
Un cœur si neuf, ô gué, ma mie,
Qu’il n’avait jamais navigué,
Jamais navigué de sa vie.


(Paysages de Femmes)





*
*       *




C’est la Vanité du Demain,
L’effritement de la Matière :
Deux mains qui se « serrent la main »
Sur un marbre du cimetière.

Qui dira le tertre glacé,
Sous lequel dort votre âme blanche,
Et si l’œil cher d’un fiancé
Suivit votre cercueil de planche,

Vierge fatale, dont la mort
Plongea le secret dans la terre,
Vous dont la main étreint si fort
Une main close de mystère ?

C’est la Vanité du Demain,
L’effritement de la Matière :
Deux mains qui se « serrent la main »
Sur un marbre du cimetière...


(Paysages de Femmes)