Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/461

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CHARLES FUSTER.


La Nature en frisson le voit d’un œil navré,
La solitude a peur, et l’aurore attristée
Depuis des milliers d’ans s’arrête épouvantée
Devant le grand maudit qui n’a jamais pleuré.

Ô martyr douloureux et sombre, je t’envie !
Sois heureux, toi qui meurs sans épuiser ta vie,
Et dont le cœur en sang renaît pour mieux souffrir !

Pour nous, martyrs moins grands, qui maudissons l’aurore,
Notre cœur saigne et crie, — et nous avons encore
L’effroyable douleur de l’écouter mourir.