Page:Lenoir-Rolland - Poèmes épars, 1916.djvu/19

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
21
LE GÉNIE DES FORÊTS

1844

Le génie des forêts


Il est dit qu’une fois, sur les arides plaines
Qui s’étendent là-bas dans les vieilles forêts,
L’esprit des noirs brouillards qui couvrent ces domaines
Dormit à l’ombre d’un cyprès.

Mais il n’était pas seul : l’air pensif, en cadence,
Pressés autour de lui, des hommes s’agitaient ;
Un chant rompit bientôt leur lugubre silence :
Voici quel chant ils écoutaient :

Foule de guerriers sans courage,
Je le sais et tu t’en souviens,
Parce que tu n’aimais qu’un indigne carnage,
Mes pères ont maudit les tiens.

Parce que tu mangeais des entrailles de femme,
Tu t’engraissais des chairs de tes amis,
Et que jamais, chez toi, n’étincelle la flamme,
Qu’autour de tremblants ennemis.