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BLUETTE

1853
Bluette

Pourquoi retenir tes cheveux
Dans les fils noirs d’une résille ?
Pourquoi voiler tes doux yeux bleus
Avec les plis d’une mantille ?
Tes longs cheveux, filaments d’or,
Sont bien plus beaux, plus beaux encor,
Quand, libres, ils flottent par ondes !
Ton œil, miroir de ton sein blanc,
Ton œil que tu lèves en tremblant,
Luit, plus doux, sous des tresses blondes !

II

Une larme perle souvent
Aux cils de ta blanche paupière,
Quand sur le mousseau blanc de pierre,
Tu reviens t’asseoir en rêvant !
Que d’amoureux aux cœurs volages,
Cachés alors sous les ombrages,
Convoitent ta pâle beauté !
Peureuse enfant ! fille imprudente !
Prends garde à leur prunelle ardente
D’où rayonne la volupté !